jeudi 2 décembre 2010

Le Brésil réalise un nouveau record de réduction d’émissions

ECO sait qu’il y a de nombreuses discussions aux réunions de la CCNUCC au sujet de quels pays vont promettre, s’engager et dire ce qu’il vont vraiment faire.

Plus rarement, nous entendons que certains pays réalisent vraiment des réductions d’émissions comme hier, lors de l’annonce de la chute record du taux de déforestation au Brésil. La réduction de la déforestation amazonienne, de 27 000 km2 en 2004 à moins de 6 500 km2 cette année est en fait la plus grande réduction d’émissions jamais réalisée par un pays. Le Brésil, un pays tropical en développement, a déjà fait ce que les plus grandes puissances ont promis tout au long de la dernière décennie.

Selon les calculs de l’Union of Concerned Scientists, la réduction des émissions issues de la déforestation dans les cinq dernières années, sur la base de la moyenne 1996-2005, s’élève à 870 millions de tonnes de CO2 chaque année. Est ce que c’est gros ?
Et bien, l’engagement européen de réduire de 20% ses émissions d’ici 2020 correspond à moins de 850 millions de tonnes, et celui des Etats-Unis de -17% (sur la base de 2005, et non 1990) s’élève à 1 200 millions de tonnes.

Le Brésil a initialement fixé son objectif de réduire la déforestation de 80% d’ici 2020. Mais comme 67% sont déjà réalisés, le président Luis Inacio Lula da Silva a récemment avancé cette date à 2016.

Les ONG brésiliennes ont démontré que leur pays peut et doit faire mieux en la matière. Un collectif issu de la société civile pousse pour une réduction à 0 d’ici 2015.

Ces nouvelle données prouvent que cela est clairement possible. L’administration de la bientôt présidente Dilma Rousseff doit adopter cet objectif pour conforter la place du Brésil en tant que leader sur la question climatique.
La lutte pour endiguer la déforestation n’a pas été facile, et elle n’est pas terminée. En fait, il y a maintenant une attaque menée par les intérêts agricoles au Congrès brésilien contre le Code de la Forêt, dont le renforcement a été un outil important dans la réduction de la déforestation.
Une étude récente de l’Observatoire du Climat a montré combien les amendements proposés créeraient des échappatoires qui augmenteraient très significativement les émissions. S’ils ne sont pas rejetés, le leadership climatique du Brésil sera remis en cause-
Les progrès du Brésil, pas seulement du fait des mesures gouvernementales, mais aussi grâce à la pression citoyenne met l’accent sur le besoin d’une décision REDD+ dans le cadre d’un paquet équilibré ici à Cancun. Et au-delà, cela démontre l’importance des pays qui agissent, plutôt que se cacher derrière l’inaction des voisins.Il est temps pour les pays de l’Annexe 1 d’aller au-delà des promesses et de commencer à agir pour réduire les émissions de manière drastique et rapide, eux aussi peuvent le faire !

Bem feita, Brasil!

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire