vendredi 3 décembre 2010

Enseignements d’une année de financements précoces

A l’issue de cette année d’apprentissage sur les Financements Précoces (FP), il est essentiel que les décisions prises à Cancún sur les financements de long terme en intègre les leçons. Il y a trois enseignements principaux, merci d’en tenir compte.
En premier lieu, un équilibre entre adaptation et atténuation doit être défini. En dépit des engagements de l’Accord de Copenhague sur une « affectation équilibrée » entre adaptation et atténuation, plus de 80% des FP sont allés à l’atténuation. Pire encore, on estime que moins de 10% des financements publics dédiés au climat (incluant les FP) ont été alloués à l’adaptation (climatefundsupdate.org).
En fait, c’est toujours la même histoire : l’adaptation demeure le parent pauvre de l’atténuation. Il faut pourtant combler sans plus tarder « le fossé de l’adaptation ».
Nous devons instaurer un Fonds climat juste, qui garantisse au moins 50% des financements pour l’adaptation.
Deuxièmement, le problème du « nouveau et additionnel » n’est pas en train de se régler. Il n’existe pas de définition du « nouveau et additionnel », et certains semblent espérer que cela ne soit jamais le cas.
Pour y remédier, la Commission Permanente sur les Financements Climat (l’organe chargé de superviser les flux financiers) devrait être mandatée pour proposer un cadre commun sur l’additionnalité des financements de long terme instaurés par la COP.
Enfin, le rôle des prêts doit être clarifié. Nous savons déjà qu’une large proportion du financement est mobilisée via des prêts – 52% dans le cas de l’UE par exemple.
C’est assez lamentable – les pays ne devraient pas devoir s’endetter pour s’adapter à un changement climatique qu’ils n’ont pas causé. Mais pire encore, les Parties ne se sont pas accordées sur les règles de comptabilisation des prêts octroyés. Par exemple, à l’origine, l’Allemagne ne comptabilisait que la portion concessionnaire (l’équivalent en don) du prêt, tandis que la France comptabilise le montant brut du prêt. Pour être honnête, l’Allemagne a depuis changé sa méthode. La transparence est nécessaire pour mettre au grand jour ces approches divergentes, et la Commission Permanente doit être mandatée dans ce sens.
Il est essentiel que ces enseignements soient tirés en vue du développement et du déploiement des financements de long terme.

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